La montagne du Salève est entrée dans la littérature géologique à la fin du 18ème siècle grâce à la description donnée par Horace-Bénédict De Saussure (1740-1799) dans le premier volume de ses Voyages dans les Alpes (1796). Il est nécessaire de souligner que c’est le Salève qui suscita à de Saussure sa passion pour les montagnes. Il écrit en effet dans le Discours préliminaire de l’ouvrage cité ci-dessus : « Tels sont les plaisirs que goûtent dans les montagnes ceux qui se livrent à leur étude. Pour moi j’ai eu pour elles, dès l’enfance, la passion la plus décidée ; je me rappelle encore le saisissement que j’éprouvai pour la première fois que mes mains touchèrent le rocher du Salève, et que mes yeux jouirent de ses points de vue ». Par la suite, cette chaîne fut l’objet de nombreuses recherches géologiques qui se poursuivent encore actuellement.
L’origine du mot Salève et sa formation selon la légende
Selon les historiens, le nom Salève viendrait de Salebra , lieu d’accès difficile. En ce qui concerne sa formation, la légende donne une explication qui est plus facile à comprendre que celle des géologues. Alors que Gargantua creusait le Léman, il amassa les déblais à l’emplacement de la future montagne. Cette entreprise suscita la curiosité des habitants de la région. Et en regardant la nouvelle montagne qui s’érigeait, ils s’écrièrent « Eh ! mais regarde donc comme ça lève », et ainsi le nom Salève fut trouvé.
Textes : Jean Charollais (Université de Genève) et Danielle Decrouez (Muséum de Genève)